Les mystères de l’Indonésie

Juil
2011
07

posted by on Pays

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Voyager en Indonésie résonnait à mes oreilles comme une aventure en terres inconnues. J’ai pas encore parcouru la totalité de cet gigantesque archipel, mais je suis sur de trouver de nouvelles choses extraordinaires au détour de mon chemin, car l’indonésie c’est un mélange détonnant, pleins de surprises (bonnes et mauvaises) et de bonne humeur. Je pense qu’il faut simplement laisser tomber ses a priori et plonger avec délices dans tout les microcosmes qui créent l’unicité de cet immense pays. Je vais comme à mon habitude reprendre un peu l’histoire du pays avant de développer les choses qui m’ont particulièrement marqué au travers de mon séjour au « Paradis » à l’indonésienne. Les bateaux sont affrétés, les avions checkés, les bus prêts alors il ne manque que vous pour découvrir l’Indonésie à travers mes yeux !

Histoire

L’avantage de l’histoire Indonésienne c’est qu’elle n’est pas très compliqué. Ca ne part pas dans tout les sens comme avec d’autres pays et on peut discerner des périodes bien distinct. Mais avant d’en dire plus un peu de géo.

L’indonésie ou la république Indonésienne est un pays multi continentale à cheval sur l’Asie du sud-est et l’Océanie. C’est également le plus grand archipel du monde avec plus de 17500 îles et le 4e pays le plus peuplés. C’est un pays à majoritée musulmane mais un grand nombre de religions et croyances cohabitent pacifiquement sur les nombreuses îles qui composent le pays. Les îles principales ou les plus connus sont Sumatra, Java (la plus peuplé du monde), Bali, une partie de Bornée et de la papouésie. L’immense achipel s’étend entre la Malaisie et les philipines au Nord et l’Australie au sud créant une véritable frontière entre ces 2 parties du monde.

De cette position stratégique née l’histoire du pays bercé par le commerce entre l’Asie et l’Europe ou les Indes. C’est d’ailleurs de là que viennent les premiers royaumes de Chine et d’Inde, laissant leurs empreintes dans le pays surtout autour du détroit de Melacca. Puis, de prolifiques rizières dans le centre de Java ont permis de développer le royaume menant à la construction des monuments Hindu comme Borobudur, c’est l’age d’or de Java.

Au XIII e siècles, alors que les marchands perses, arabes, indiens et chinois font la richesse de l’archipel, les princes des régions portuaires commencent à se convertir peu à peu à l’islam désirant s’intégrer dans ce commerce florissant. Au cours des siècles suivant l’Islam et le commerce vont se propager à tout l’archipel jusqu’au XVIe siècle. C’est à ce moment que des princes Hindouistes reprennent les ports musulmans et interdissent le commerce maritime. En 1770, les hollandais matent ces princes et les forces à se convertir à l’Islam divisant ainsi la puissance et l’influence Balinnaise.

Et ainsi commença l’ère coloniale de l’Indonésie. S’en suit la lente conquête des différents sultanats par les hollandais qui aggrandissent peu à peu « les indes hollandaises orientales » et établissent un réseaux commercial avec entres autres les épices présentes sur les îles Molluques. Ce n’est qu’en 1908 lorsqu’ils conquièrent Bali que le pouvoir colonial est sur toute l’Indonésie. C’est dans la même périodes que des princes Javanais créent un parti indépendantiste qui va, avec l’arrivée des Japonais en 1942, prendre réellement son essor.

Deux jours après la réddition du Japon, l’Indonésie se déclare indépendante. Les Hollandais tentent alors de reprendre le pouvoir ce qui crée une guerre militaire et diplomatique qui abouti en 1949 à la reconnaissance par les hollandais de l’indépendance Indonésienne. Soeharto prend les rènes du pays et les gardera pendant 30 ans jusqu’en 1998 ou la crise économique des pays asiatiques entraine des soulèvement populaire et la démission du leader. Son vice-président prend alors le pouvoir et il dirige toujours le pays à l’heure actuel.

Ce qui m’a marqué en Indonésie …

… Les gens.

Comme on me l’a dit un jour : « Nous sommes une diversité unie ». Et c’est vrai que chaque petits coins de chaque petites îles à sa culture, ses croyances et son dialecte. Mais tous sont rassemblés et unis sous le même drapeau indonésien et vivent en paix les uns avec les autres. Avant d’en être témoin, je me disais que ce n’était que quelque chose de précaire que le gouvernement avait plus ou moins mis en place dans un soucis de bien paraitre. Mais non ! Les indonésiens sont vraiment soudés et patriotique tout en gardant leur culture propre. Tous parlent la « Bahasa Indonsia » (langue indonesienne) en plus de leur dialecte locale. Et c’est peut-être car ils se sont acceptés les uns les autres qu’ils sont si généreux avec les voyageurs.

Il y a toujours des exceptions mais en général toutes les personnes que j’ai rencontré en Indonésie se sont avérées d’une gentillesse terrifiante. Toujours l’âme à la plaisanterie, prêt à pousser une chansonnette, ou juste passer un bon moment. Les Bataks sur Sumatra, par exemple, sont presque l’incarnation de la phrase « Carpe Diem ».

Et même si plus au Sud, les visages des femmes se voilent et les mosquées appellent plus fort à la prière. La joie de vivre et la curiosité restent intactes. Je compte plus les fois ou poliment, on m’a arrété pour prendre une photo ou juste pour pratiquer un peu d’anglais. Tout ça, sans compter sur les milliers de « Hello mister » que j’ai entendu en un mois de voyage. J’avoue qu’à force ça peut énerver un peu, mais à la mille et unième fois, je répondrais toujours par un « Hello » et un grand sourire.

J’arrive toujours pas à vraiment décrire ce qui m’a marqué chez tout ces gens mais une chose est sure c’est que j’ai passé de merveilleux moments en leur compagnie. Et, comme ce sont les habitants qui font le pays, j’avoue que je garde un très bon souvenirs de mon mois (trop court) en Indonésie.

Sempai jumpa ! Orang Indonesia bagus sucaly ! (pour ceux qui comprennent je sais que mon indonsien est excellent :p )

… les transports.

Quand je serrais les fesses dans un virage au cambodge, me lamentais dans les montagnes du Laos ou pestais après le coup de klaxon vietnamien, je n’étais encore que dans l’antichambre de l’enfer routier. L’indonésie c’est le paradis pour les yeux et l’enfer pour les fesses !

Je n’ai pris que des bus locaux donc c’est peut-être différents si on rajoute quelques dollars de plus mais ou serait le charme ? Donc les fameux bus locaux se résument à des boites métalliques surchauffées par le soleil et climatisées par les fenêtres quand celle-ci veulent bien s’ouvrir. Les sièges sont en général tellement usés qu’il serait peut-être plus confortable de s’assoir sur des planches de bois. De plus, ils sont taillés pour un format indonésien qui au minimum fait 10 cm de moins que les bébés européens. On se retrouve donc bien souvent avec les genoux enfoncés dans le dossier du sièges de devant (quand ce n’est pas des barres de fer).

Les routes quant à elles ne vallent pas beaucoup mieux. Si sur la carte vous lisez « Trans Sumatra High way », n’allez pas espérer une autoroute. Sur un tronçon de 100m vous êtes sur de trouver au minimum 10 nids de poules, et encore dans une route bien entretenue. Car, parfois des portions entières de route ont disparues laissant un no man’s land de terre et de cailloux. Comme vous pouvez vous en douter la condition globale des routes obligent les véhicules qui l’emprunte à rouler très doucement pour nos standarts européens. Sur Sumatra n’espérait pas dépasser une moyenne de 40km par heure.

Et la cerise sur le gâteau vient avec la circulation. Entre les moto-scooter, les voitures, les camions et les bus plus ou moins grands, la route se transforme vite en champs de bataille ou le plus gros et/ou le plus rapide prime. Doubler sans visibilité est monnaie courante, de même que l’usage du klaxon qui ici plus qu’ailleurs est utilisé à son plein pouvoir. J’ai rapidement appris qui lorsqu’on est à bord d’un bus, les mobylettes ne comptent pas. Si elles sont sur le trajet, pas de problème elles iront rouler dans le bas coté (enfin les ornières qui servent de bas-coté).

Maintenant imaginer, un mix de tout ça et vous arriverez peut-être à imaginer la moitié de ce que voyager en Indonésie veux dire. J’avoue qu’après 3 semaines de bus quand j’avais le choix j’optais pour le train. Petite note : Je décerne à l’Indonésie le titre des voyages en bus les plus épiques, avec entre autres quand on me demande si je veux finir le voyage sur le toit du bus ou encore, quand on doit descendre car le bus est trop lourd pour gravir une cote.

Les voyages en train à Java sont quant à eux plus reposant dans la mesure ou vous n’espérez pas être à l’heure. Il existe 3 classes, Economique, la moins chère qui se trouve dans des trains spéciaux qui circulent vraiment lentement (je n’en ai jamais pris malheureusement). La classe Business qui correspond à la classe moyenne et qui partage les mêmes trains que la classe Executive qui occupe « le luxe » du train. Il faut savoir également que la vente des tickets peut-être aléatoire car il y a des lots de tickets pour la réservation, d’autres pour la vente et d’autres pour les tours. Et ces lots changent rapidement suivant si vous institez suffisament ou d’un jour sur l’autre. Mais rassurez vous, on garde quand même du charme à voyager ainsi. Par exemple dans un train de nuit ou l’on doit rentrer dans le dernier wagon car des gens bloquent les autres portes pour dormir, ou encore quand on est réveillé à 4h du mat par une ribambelle de vendeurs ambulants qui arpente en criant les allées.

… la nourriture.

J’aime la nourriture asiatiques et manger du riz pendant des mois ne me dérange absolument pas mais la cuisine indonésienne m’a apporté un re-nouveau gustatif que je n’espérais plus trouver en Asie du sud est. De la variété des plats à l’usage des épices, tout n’a était que douceur pour mes papilles amatrices de sensations uniques. Quand je dis douceur, c’est à prendre au sens général du terme car comme ailleurs, la cuisine indonésienne inclue souvent du piment voir beaucoup de piment.

Le plat de prédilection est la fameux « Nasi Goreng » qui veut dire « riz fris ». Plus concrètement c’est du riz revenu à la poèle avec des légumes qui dépendent de la région et une sauce qui dépend aussi de l’endroit. Il est généralement servit avec un oeuf sur le plat et des chips de tapioca ou de crevettes. Pour 1 euros vous avez le repas passe partout parfait.

Ensuite, on a tout les dérivés de ce plats en ajoutant des viandes ou poissons, remplaçant le riz par des pates (« mie Goreng ») ou des vermicelles (« Bihun Goreng »). Puis vient les currys et leurs infinis déclinaisons : curry de poulet, d’ananas, de pomme de terre, de patate douces, de bananes, … Mention spéciale pour le curry de Jack fruit pour les connaisseurs. Et parmi cet éventail se glisse des spécialitées comme le Gado Gado (légumes fris servi avec une sauce à la cacahuète), le CapCay (légumes au Wok revenu dans une base d’oignons, gimgembre, ail, et autres qui on été écrasé), le Bala Bala (légumes en pates qu’on a trempé dans l’huile bouillante), … J’en passe et des meilleurs !

La cuisine en Indonésie va aussi dépendre de là ou on se trouve. Je me rappelle avoir attendu 45 minutes le temps qu’on prépare ma commande dans un restaurant du Lac Toba ou 5 secondes pendant qu’on disposait devant moi les plats pré-cuisiné à Padang. J’ai eu aussi l’occasion de gouter des fruits inconnus que je ne peux vous décrire, ou encore des petits plaisirs de voyageur comme les estomacs de poissons fris (miam !).

La cuisine en Indonésie est vraiment quelques choses qui restera dans ma mémoire gustative pour un long, très long moment. Peut-être jusqu’à ce que je rentre et que je me m’envoie un bon camembert bien fait sur un bout de pain ….. Oh oui ….

… la télé.

Lorsque j’ai fait du Homestay (du vrai pas de ceux qui ne sont que d’autres hotels) à Batu Karas, j’ai pu découvrir la télévision indonésienne et que de surprises.

Deux choses m’ont vraiment marqué, la première est que tout les soirs c’est le même programme. Une chaine diffuse en boucle des épisodes d’une série genre « Plus belle la vie » nommée « Nada Cinta » (« Amour quelquechose »), c’est horrible ! Une autre diffuse un émission nommé « Opéra von Java » mélant sketch et chanson traditionnelle, ça c’est ok. Et la dernière passe un film hollywoodien sous-titrés. Il y a aussi des chaines coraniques mais je me suis pas trop attardé dessus.

La deuxième chose qui m’a scotché, ça découle de l’islam c’est lorsque c’est l’heure de la prière, les programmes télé en cours s’interrompt (enfin c’est prévu autour) et on vous dit grosso modo que c’est l’heure d’aller prier et que les programmes reprendront dans 5 minutes. C’est peut-être normal pour un pays musulman mais je l’avais jamais découvert et ça me troue le cul.

J’ai peu l’occasion de regarder la télé locale quand je voyage et je profite de cette expérience pour vous raconter un peu ce que j’en pense.

… la cigarette.

Voyager en Indonésie et être un fervant adepte de l’interdiction de fumer n’est pas compatible. Pourquoi ? Simplement qu’en Indonésie tout les hommes et certaines femmes mais beaucoup plus rares fument et surtout fument partout. Je vous raconte pas le bonheur pour un non fumeur comme moi de voyager dans un bus (cf : voyage en bus un peu plus haut) avec de tout coté un mec en train de cramer sa clope s’en fichant complétement de nous, ni même de la mère qui a son bébé dans le bras deux rang plus loin.

En Asie, la cigarette est omniprésente peut-être du fait quel soit si peu chère (moins d’un euros le paquet) mais encore une fois c’est en parcourant les iles indonsiennes que ça m’a le plus géné. Et puis, ça me surprend toujours quand quelqu’un allume sa cigarette dans le train, ou dans n’importe quel lieu public. Un gars m’a dis un jour alors que je refusais poliment une cigarette que les gars qui ne fument pas on les appelle : Ladyboy. Donc, en plus de toutes les pressions du milieux, les ainés mettent également la pression sur les plus jeunes en leur disant que si il ne fument pas c’est pas vraiment des hommes. Comment voulez vous que ça s’améliore dans ces conditions ? Bref, une conséquence directe, on trouve des mégots partout bien que d’une manière globale le pays est « assez propre ».

Conclusion

Malgré quelques points noirs comme les transports ou la cigarette, la gentillesse des gens et leur accueil chaleureux compensent largement. La richesse culinaire n’est pas à mettre à l’écart non plus. Je trouve un peu dommage cependant que l’aspect religieux de la culture musulmane est parfois un peu trop présente dans certains endroits, ou que le tourisme de masse à spolier la culture ce qui rend les échanges parfois difficile.

Quoiqu’il en soit, l’indonésie à un patrimoine exceptionnel et j’espère qu’elle pensera à le préserver avant de l’exploiter. A en croire les informations officielles, ce grand archipel est un endroit à bannir de vos visites car trop instable. Certes il a connu par le passé des actes terroristes et des catastrophes naturelles qui l’ont ravagé, mais ce ne sont que des éléments isolés en aucun cas représentatif de la population locale. Quant aux catastrophes naturels, en évitant les saisons cycloniques vous ne courez pas plus de danger qu’ailleurs en Asie. J’avoue maintenant n’avoir qu’une hate, retourner dans ce magnifique pays et continuer à en découvrir les beautés et les mystères.

A bientôt sur les routes du monde

Jérémy

PS : J’avais écris cette article avant d’aller à Bali et particulièrement le Sud de l’île ce que je viens de promouvoir change du tout au tout. Mais j’attendrais de parcourir l’île plus en profondeur avant de m’avancer sur le sujet.

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Article rédigé par Jérémy