[7] Au fil du temps : Virée à Saigon

Avr
2011
04

posted by on Histoire de voyage

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La route en terre se goudronne devant mes pas alors que je suis dans le no man’s land entre le Cambodge et le Vietnam. A ma droite un casino, à ma gauche 3 casinos, devant moi je vois encore plus de casinos. Ça fait quand même beaucoup de casinos pour une si petite frontière, mais les asiatiques sont connus pour aimer parier, non ? J’arrive finalement au poste frontière Vietnamien. Je fais tamponner mon visa et me dirige vers la sortie. Je m’arrête et repense à tout ce que j’ai entendu sur le Vietnam. Bah, on verra bien, je ferme les yeux et fait un grand pas en avant.

Perdu dans le delta

GOOOOOOD MORNING VIETNAM !!! (ça c’est fait)

Je suis en route vers la plus proche ville après le poste frontière, Ha tien. Arrivé à la station de bus, je me sens pas de rester passer la nuit ici alors je saute dans un autre en partance pour une ville plus au sud, Rach Gia. A peine débarqué et assailli par les conducteurs de taxi-motos, je décide de continuer ma route n’ayant pas grand chose à faire dans le coin. Mon objectif, c’est le delta du mékong et tant qu’à faire si je peux y arriver plus vite que prévu ça m’arrange.

J’arrive finalement à Can toh au Sud du delta. Suivant mon idée je voulais me trouver un bateau, aller voir un marché flottant, me balader un peu dans les multiples réseaux secondaires des 9 dragons (autre nom du delta) et faire un homestay dans une famille sur le fleuve. Au final, j’ai tout réalisé mais c’était loin de ce que j’imaginais. Encore une fois, ça prouve qu’il vaut mieux s’attendre à rien pour rester surpris de ce qu’il arrive. Laissez moi vous raconter comment ça s’est passé.

Quand j’arrive à Can tho, il fait nuit, je suis crevé et j’ai pas mangé de la journée. Autrement dit mon jugement était un peu altéré. De plus mon timing pour le Vietnam est assez serré, j’ai beaucoup de choses à voir et à faire en environ 3 semaines donc j’essaie d’optimiser mon trajet. J’étais dans un hotel assez cher (de l’ordre de 9€) et quand j’ai vu cette pub pour un tour qui correspondait à ce que je voulais faire. J’ai pas beaucoup hésité avant de prendre ma place pour le lendemain. J’aurai du …

Le lendemain, me voilà donc debout avant l’aube prêt à partir sur le Mékong. Après un magnifique lever de soleil sur le fleuve (plutôt un de ses bras, nous sommes dans un delta), mon bateau se dirige vers un marché flottant. Première déception, car je m’attendais certainement à quelque chose de plus coloré, et de plus conviviale. Là, on a juste des gros bateaux chargés de toutes sortes de marchandises attachés entre eux transférant leur contenu sur de plus petits. Tout est gris, les bateaux, l’eau, le visage des gens … Bon, je me dis qu’heureusement que mon aventure ne s’arrête pas là ! On continue sur le bateau à travers de plus petits bras. Je peux avoir un aperçu du quotidien des habitants du delta. Entre regards curieux et signes des enfants, cette partie et certainement celle que j’ai préféré.

Mais au fur et à mesure qu’on progresse un étrange sentiment m’envahit. Je réalise peu à peu que derrière cette nature luxuriante, le fleuve semble réellement sur-exploité et pollué. J’ai vu un nombre impressionnant de filets dérivants, des mini-chaluts côte à côte draguant irrémédiablement le fond, et des milliers de plastiques en tout genre un peu partout. Je sais que le delta est énorme mais le peu que j’en ai vu au final m’a un peu effrayé.

Quand, j’arrive dans mon « Homestay », je suis assez sceptique. Ce que j’ai pu voir me fait réfléchir, mais heureusement, je vais pouvoir me mêler à une famille et partager leur vie pour une nuit … enfin c’est ce que j’espérais. Car a priori, sur le delta, un « homestay » (qui veut dire « rester à la maison ») a perdu depuis longtemps sa signification. Ce qu’il appelle « Homestay » c’est juste une demi-pension tenu par une famille locale. Je critique pas l’hébergement, la nourriture était fantastique, les gens super sympa, mais pour moi c’est pas un « homestay », c’est juste un mini resort.

Le lendemain, je quitte mon île et repars sur le continent direction Ho Chin Ming City (HCMC ou saigon pour les intimes).

Saigon, Scooter city

Mon bus me débarque au milieu de la ville qui fait dans les 8 millions d’habitants. Rapidement je me repère et marche une bonne heure avant de trouver un hôtel qui me plait. Saigon m’impressionne. Ses grandes avenues envahit de scooter roulant littéralement dans tout les sens à la fois, ses quartiers bien délimités, ses bâtiments officiels qui en imposent et bien entendu ses milliers de gens qui slaloment tant bien que mal entre les scooters et les étales en tout genre qui peuplent les trottoirs.

Quand je marche dans la ville, j’ai l’impression de risquer ma vie à chaque pas. J’ai d’ailleurs été témoin d’un accident qui s’est déroulé juste devant mes yeux. Impressionnant mais heureusement sans blessé. Par la même occasion, j’apprends et peaufine quelques techniques de survie en milieu urbain. Par exemple comment traverser une route au milieu d’un flot constant de scooters ou la manière optimale d’esquiver les touts …

Mais qu’est ce que je viens faire ici déjà ? Ah oui, mon Visa pour la Thailande … Je suis d’ailleurs obligé de retourner 3 fois au consulat car il demande des justificatifs qu’on ne demande nul part ailleurs (justificatif d’entrée dans le pays ><). Bon, j’arrive finalement à avoir le petit autocollant sur mon passeport. J’en profite également pour visiter quelques musées dont le célèbre « War Remains Museum » (Musée des Souvenirs de guerre).

Il faut savoir que jusqu’à récemment ce musée s’appelait quelque chose comme, Musée des crimes de guerre américain. Voilà un titre plus explicite qui annonce la couleur … Rouge ! Rouge comme le sang, rouge comme le communisme, rouge comme ma peau après une journée ensoleillé à Nha trang … euh, ça c’est pour plus tard … Quand on visite ce musée, il faut bien garder à l’esprit qu’il a été créé par les Vietnamiens et qu’il est loin d’être impartial. Et en effet, le rez de chaussé, on peut trouver toute une série de documents sur la propagande communiste à travers le monde pour arrêter la guerre. Ensuite, dans les étages on commence les hostilités avec des salles aux thématiques explicites comme « Les massacres commis pas les américains », « Les armes biologiques utilisées par les américains », « La vaillance défense des Vietnamiennes malgré l’oppression américaine », « Les secrets de l’héliciculture à l’américaine » (Attention un thème n’est pas vraiment dans le musée !). Le tout appuyé de photos plus évocatrices les unes que les autres. Petite mention spéciale pour le réservoir rempli de foetus malformé dus aux attaques chimiques.

Je sors un peu admirer les avions et hélicoptères de guerre afin d’encaisser les images et témoignages chocs que je viens de voir. Mais mon attention est attirée par une petite porte sur le coté. Je rentre et je tombe sur une réplique d’un camp de torture / emprisonnement tenu par les américains sur une petite ile au sud du Vietnam. Encore une fois, photos des différentes tortures et types d’emprisonnement avec témoignage à la clef. Miam !

Je comptais faire d’autres musées ce jour là …Finalement, je suis rentré calmement et ma journée s’est fini comme ça !

Mais déjà l’heure de partir, je saute dans un bus pour continuer ma route dans le Nord … Plongée, pluie, temples et pleins d’autres choses formidables ou moins m’attendent aux détours des routes vietnamiennes. Mais je vous garde ça pour une autre histoire …

@ bientôt sur les routes du monde

Jérémy

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Article rédigé par Jérémy