Au fil du temps : Sumatra pour toujours

Juin
2011
20

posted by on Histoire de voyage

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Magic bus ?

Aie ! Je viens encore de me cogner contre la vitre de ce bus qui me mène vers le Lac Toba. Bing bang, le bus sursaute encore en passant sur les trous qui recouvrent les routes du coin. Ça fait 2h que moi et mon nouvel ami anglais avons quitté Berastagi et ses volcans, j’ai les fesses en compote et je suis plus sur que mon coeur alimente mon pied gauche en sang. Bam ! Me revoilà, plaqué contre la vitre écrasé par le poids de toutes les personnes de ma rangée. Notre chauffeur n’est pas n’a pas non plus la conduite la plus souple de l’île. Je ferme les yeux et essaye d’oublier qu’il reste pas loin de 3h30 de route avant de prendre le ferry pour l’île de Samosa au milieu du lac. Tiens c’est quoi cette odeur ???

Au fil du temps : Sumatra pour toujours

Je ne sais pas ce que c’est mais c’est aigre et … attendez une seconde ! Je me retourne et découvre la source de cette odeur nauséabonde. La fille qui est derrière moi vient de vomir. A la pauvre petite, je la comprend vu comment nous sommes ballotés mais dans son malheur elle a épargné mon dos et pour ça je le suis reconnaissant. Aouch, un autre trou et une pensée me vient …pour combien de temps ?

Comment camoufler son scoot ?

Vous l’avez compris depuis le temps le réseau routier de Sumatra est loin d’être bien entretenu et la conduite des chauffeurs des bus locaux n’aident en rien. D’ailleurs c’est assez fantastique car même si le bus est archiplein, le conducteur continue à s’arrêter pour prendre du monde quitte à les faire monter sur le toit. Et vu comment ça bouge en bas, j’ose pas imaginer comment ça doit être la haut ! Soudain, au détour d’un virage, j’aperçois une immensité d’un bleu profond, le Lac Toba s’étend devant moi plein de grandeur, de majestuosité et de … fermes à poissons ?! Ah, pourquoi faut-il que les interventions humaines viennent toujours gâcher la beauté de notre planète ?

Tuk tuk (presqu'ile en indonesien)

Le temps de rejoindre le ferry je vais vous éclaircir les idées quant au lac Toba. Créé il y a plus de 10 000 ans à la suite de l’explosion d’un volcan. Certainement une des plus grosses explosions volcaniques que notre monde est connu. Puis au fil des siècles le cratère béant s’est rempli d’eau, beaucoup d’eau car, c’est le plus grand lac du monde avec des mensurations avoisinant les 100km par 40km pour une profondeur de plus de 450m par endroit. Cet immense réservoir d’eau douce aurait pu couler ( ^^ ) des jours paisibles, mais c’est sans compter sur l’espièglerie de notre jolie planète qui il y a 3 ou 4 000 décida de cracher un peu plus de magma du cratère. Celui-ci se refroidissant créa ce que nous connaissons maintenant comme l’ile de samosa. Il faut savoir que ce fut une presqu’ile jusqu’au début du XIXe siècle quand les Hollandais décidèrent de creuser un canal de 200 mètres au niveau de l’isthme séparant la future île du continent. Celle-ci est habitée par le peuple Batak très belliqueux par le passé et qui pratiquait le cannibalisme jusqu’en 1920 environ. L’île a connu son apogée touristique il y a 20/15 ans et les nombreux resorts dorénavant déserts en sont la preuve. Maintenant, il y a toujours quelques touristes venant se reposer sur l’île mais ça n’a rien à voir avec les masses d’antan. Les locaux se sont adaptés, ont gardé leur sourire et leur joie de vivre et accueillent avec plaisir toutes nouvelles têtes avec un sac à dos et un sourire.

L'architecture locale

Oui, ça a pris un moment pour rejoindre Parapat et le ferry a sauté son heure de départ car il n’y avait pas assez de personnes à son bord. Mais finalement, j’arrive enfin sur cet avre de repos (d’après M Lonely). Quand on voit tout ses resorts le long de la cote de Tuk-tuk (la ville ou le ferry nous dépose), on a quelques doutes quant au avre de repos. Mais après une nuit et un petit tour dans les alentours ont se rend vite compte à quel point l’île est dénué de monde. Tout est vide ou presque et on se croirait presque dans une ville fantôme si il n’y avait pas la lumière des quelques restaurants offrants un diner locale ou pas aux quelques touristes de passage.

Ma guestHouse

L’île est en effet parfaite pour se reposer, mais moi j’ai pas envie de me reposer ! On loue donc des vélo avec Sam et on part vers le Nord. Faire du vélo sur l’île c’est un bon exercice, ça monte ça descend et mon vélo est d’une qualité exceptionnelle pour la région. Roue voilée, pas de frein à l’arrière, une selle qui fait passé des hémorroïdes pour un moelleux coussins, et bien entendu 3 tailles en dessous. Mais vous croyez vraiment que je m’arrête à ce genre de détails ? On est masochiste du voyage ou pas ! Finalement, après 3 heures sous le soleil, une 30aine de kilomètres et la perte de sensation dans mon arrière train, on rentre satisfait de nos découvertes. Mais Sam n’aime pas du tout l’ile et me dit qu’il compte partir le lendemain. Pas de soucis, pour ma part j’ai dans l’idée d’escalader la montagne d’à coté pour rejoindre un village qui se trouve derrière. Ça s’annonce bien et le lendemain, armé de ma motivation et de mes affaires, je me lance dans l’ascension. Oulà, rapidement je me rend compte que chemins ne sont plus utilisés depuis un moment et sont en partie envahis de végétation. A la mi-parcours, la petite trace que je suivais disparait complétement dans un buisson de ce que la nature offre de mieux en matière de plantes casse bonbon. J’ai pas envie de redescendre et je suis sur que je peux atteindre le sommet par mes propres moyens. J’aurai pas du être si confiant mais l’excitation l’a emporté.

Lac Toba

Pour le moment, je marche dans un sous-bois assez dégagé quand j’entends un drôle de bruit non loin de moi. Il y a quelque chose de familier dans ce bruit et j’aime pas trop ça. J’en suis là de mes réflexions quand j’entends un grognements sourds, au non des sangliers. Aussitôt comme si au même moment ils ont aussi pris connaissance de ma présence, il commence à fuir … dans ma direction. Par prudence je monte me réfugié dans un arbre, c’est que ça peut-être méchant ces bébettes. Et, je les voie, une 10aines d’individus, 3 ou 4 adultes et le reste de jeunes. Je les laisse passer et reprend ma ascension.

Céti pas mimi ?

C’est maintenant que les choses se compliquent. La pente se durcie, le sol devient plus glissant ce qui invariablement me confronte au problème « d’un pas en avant deux en arrière », la végétation s’épaissit me proposant un large choix de plantes à épines. Mais je continue et c’est loin d’être évident. Enfin, j’arrive au sommet, satisfait et heureux. Bon impossible de trouver le chemin qui mène au village, dans cette végétation il fallait s’en douter mais je m’en fiche de redescendre maintenant car j’ai atteint le sommet !

cherhez l'erreur

Et là ?

Je rentre à ma Guesthouse après plus de 7 heures de marche, des égratignures pleins les bras et un sourire satisfait collé à mon visage. Demain, je me met en phase avec l’île et je me repose avant de continuer vers de nouvelles aventures. Par nouvelles aventures j’entends 15h de bus entre Parapat et Bukitingi. J’espère que les routes seront plus praticables, mais sur Sumatra tout est surprise et j’adore les surprises !

J’en étais là de mes réflexions sur « j’adore les surprises » en attendant mon bus. Je ne savais pas encore ce qui m’attendais et je n’allais pas être déçu. Mon bus est arrivé avec une demi-heure de retard, ce qui est à l’heure en Indonésie, je monte à bord et … oh … j’ai de la place pour mes jambes et mon siège et à peu prêt confortable. Bonne surprise, mais je crois que ce fut la seule du trajet. Des les premiers virages (oui, je vous rappelle que Sumatra est une île volcanique ou une route sans virage est aussi fréquente que de croiser le dahu) je prend conscience du trafic, nous croisons un camion chargé à bloc toutes les 2 minutes environ. Et pour se croiser sur ce genre de routes c’est vraiment un jeu de chassé croisé. Donc toutes les 2 minutes le bus ralentis voir s’arrête pour laisser passer les monstres d’acier. Ensuite par endroit la route n’est qu’un vulgaire chemin de terre que la circulation à transformée en piste noire digne des jeux Olympiques. Régulièrement je ne sens plus mon siège sous moi avant de le retrouver dans un atterrissage plus ou moins douloureux. C’est un bus de nuit donc dormir dans ces conditions c’est pas forcément évident d’autant plus que pour pas renier la tradition, la lumière reste partiellement allumé, de la musique est diffusée sans arrêt et à un volume exagéré et il est impossible de régler l’air conditionné qui s’évertue à vous rendre malade. Le trajet aurait déjà eu un certain charme dans ces conditions mais le clou du spectacle vaut toutes les attentions du monde. En pleine nuit (0h00 à ma montre), le bus s’arrête et on fait descendre tout les passagers. Comme je comprend pas ce qu’on raconte je suis le mouvement et je me rend compte qu’en pleine nuit on doit gravir à pied une pente au milieu de la jungle ou la route est inexistante et défoncé car le bus doit être vide pour la monter. Donc, on se retrouve une quarantaine de personnes à marcher le long de cette « route » en pleine nuit avec nos affaires et espérant que le bus y parvienne également. C’est tout simplement magique ! Ce trajet vient détrôner un autre Laossien dans le top de mes trajets en bus les plus épiques ! 3 mots : I love Sumatra !!!

Et ainsi, je rejoins bukitinggi après exactement 16h10 de voyage, j’ai pas dormi mais quelle importance, j’ai tout le temps pour le faire par la suite … En parlant de suite, elle viendra avec un prochain épisode sur l’Indonésie !

@ bientôt sur les routes du monde !

Jérémy

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Article rédigé par Jérémy