Cambodge : un étonnant pays

Mar
2011
26

posted by on Pays

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Qu’aurai je bien pu dire à propos du Cambodge avant de le visiter. Certainement pas grand chose, je savais ou ça se situait et qu’il y avait les temples d’Angkor quelque part là-bas et c’est à peu près tout. Autrement dit j’avais tout à découvrir quand j’ai traversé la frontière et c’est un peu ce que j’ai fait. Venez lever une partie du voile de l’ignorance à travers mes yeux sur le Cambodge …

Cambodge : un étonnant pays

Un peu d’histoire …

Ça y est, je vous imagine déjà détourner les yeux dans une grimace de dégout. Mais vous commencez à en avoir l’habitude maintenant, non ? Tant pis, serrez les dents je vais essayer de faire vite.

Quand j’ai commencé à découvrir l’histoire du Cambodge, j’avoue avoir été impressionné. Principalement par mon manque de culture, mais aussi par ce qui s’est passé là-bas. Je reviendrai là-dessus plus en détails car d’abord un peu de géographie s’impose.

Le Cambodge, capitale Phnom Penh, se situe au Sud du Laos entre la Thaïlande et le Vietnam. Le golfe de Thaïlande constitue sa seule frontière maritime mais le Cambodge est baigné de rivières et de lacs. C’est un pays plutôt plat (seulement quelques montagnes dans le nord-ouest) qui durant la saison des pluies se transforme en un genre de grand marécage principalement du à la crue du Mékong. Ce phénomène crée des terres fertiles propices à l’agriculture qui reste la principale source économique du pays.

Les habitants du Cambodge sont les Khmers qui par le passé ont brillé comme lors de la construction des grands temples d’Angkor. Plus récemment d’horribles évènements ont touché ce peuple.

En 1953, le Cambodge devient indépendant et le nouveau roi opte pour une politique neutre dans la guerre du Vietnam.

Mais, dès 1966, le Cambodge soutient indirectement les Viet Cong en laissant transiter des marchandises destinées à soutenir l’effort de guerre.

En 1967-68, en raison des insurrections rebelles communistes (les Khmers rouges) et une économie qui dégringole, le roi se voit contraint de placer son chef militaire (anti-communiste) à la tête du gouvernement pour gagner le soutien américain.

En 1970, ce chef militaire renverse le régime pour créer une république, la république Khmère qui devient allié des États-unis et les soutien dans la lutte contre le communisme. Cette nouvelle alliance permet au Cambodge d’endiguer les insurrections.

Mais en 1973, quand les américains se désengagent du conflit, plus rien ne s’oppose aux Khmers rouges du tristement célèbre Pol Pot pour, soutenu par la chine, s’emparer du pays.

En 1975, ils s’emparent de Phnom Penh et le Cambodge rentre dans une ère sombre de son histoire. Les Khmers rouges imposent un régime autoritaire Maoïste visant à anéantir la classe dirigeante et bourgeoise. Et ils n’y vont pas avec le dos de la cuillère, en 2 jours ils vident la capitale envoyant tout le monde travailler dans les rizières du pays dans des conditions déplorables. Parler une langue étrangère ou même porter des lunettes étaient symbole de peine de mort. Durant les 4 ans de leur règne, ils ont assassiné prêt d’1,7 millions de personnes créant ainsi un nouveau genre de crime : l’Auto-génocide.

Le régime s’effondre quand le Vietnam en 1978 envahit une partie du Cambodge et détruit les rizières. Par la suite tout le monde veut faire sa petite affaire avec le Cambodge, ce qui aboutis à plus de pauvreté et des milliers de mines posées à travers le pays. De nos jours, le pays est toujours en reconstruction et tente de réparer les dommages d’années de guerre et de destruction. L’agriculture, mais aussi l’industrie textile et le tourisme aide le pays, peu à peu, à renaitre mais un long chemin reste encore à parcourir.

Et bien, j’ai l’impression d’avoir écrit plus que je ne voulais mais comme je vous l’avez dis l’histoire récente du pays est aussi complexe qu’intéressante.

Ceux que je retiendrais du Cambodge …

… Les temples d’Angkor.

Bien que j’en ai déjà longuement parlé ici, les temples d’Angkor reste une expérience inoubliable de mon séjour au Cambodge. C’est vrai que lorsqu’on descend du bus et qu’on est assailli par une vingtaine de conducteur de tuk-tuk, ça donne envie de faire machine arrière fissa fissa. Quand on doit réfléchir à la manière d’optimiser son parcours en tenant compte des mouvements de foule majoritaires, c’est pas non plus génial. Et, ou qu’on soit dans les temples se faire accoster par des enfants « dressés » pour vendre tout et n’importe quoi, ça fait un peu pitié. Ainsi que devoir attendre 15 minutes que les 3 groupes de personnes âgées finissent de monter cet escalier de 10 marches, ça devient vite épuisant.

Mais, s’arrêter 5 minutes et contempler la grandeur de ce temple ou la beauté de celui là, admirer la précision de la gravure ici et se laisser envahir par l’atmosphère énigmatique, là. Ceci fait immédiatement oublier toutes les déceptions et sentiments négatifs. On réalise que certaines choses même spolié à l’extrême (quoique je suis sur qu’ils peuvent faire pire) valent tout simplement le détour. C’est avec joie que je raye la mention « Temples d’Angkor » de ma « Must see list ». En espérant trouver d’aussi marquant monuments ailleurs sur le globe.

… Le passé.

Et plus précisément, la période ou les Khmers rouges ont pris possession du pays. Je sais pas d’ou je tiens cette passion pour les gens qui ont fait des choses totalement ahurissantes (en bien ou en mal) mais j’avoue que l’ami Pol Pot et ses Khmers rouges m’ont bluffé.

De part le passé, personne n’avait atteint un tel niveau en « massacrant » son propre peuple à la recherche d’un idéal. Je ne parlerai pas des arrestations et tortures sous simple présomption car malheureusement ça reste banale dans tout bon régime totalitaire. Mais, plutôt de ce qui m’a bluffé comme vider les principales villes du pays en quelques jours, déporter des milliers de personnes vers les zones rurales. Et chapeau bas pour avoir essayer de mettre tout le monde sur un pied d’égalité en les faisant travailler 14 à 16 heures par jour et en les affamant. D’ailleurs, il a réussi pour environ 1,7 millions d’entre eux, ils sont tous égaux car ils sont morts …

Un peu plus sérieusement, quand on croise des personnes qui ont plus de 45 ans et se dire qu’elles ont peut-etre connu ce régime, ça en impose. Une chose est sure cependant, jamais je n’oublierai les centaines de photos qui peuplent les murs de S21.

… Les cicatrices du passé.

Le Cambodge et ses peuples ont beaucoup souffert ces dernières dizaines d’année. Bien que tentant de se remettre en selle, on peut voir un peu partout les cicatrices d’années de guerre.

D’abord, la monnaie. Officiellement c’est le Riel, mais on s’aperçoit vite que c’est le Dollars américain le roi. Les distributeurs sont en dollars et la majorité des gens s’attendent à être payé en dollars surtout quand on est « blanc ». Le Riel au finale sert à faire la monnaie quand la somme passe en dessous de 1 dollars. Il n’est donc pas rare de récupérer sa monnaie en un mélange Riel/Dollars.

Ensuite, la corruption. Encore symbole du l’instabilité économique la corruption bien qu’en amélioration reste omniprésente au Cambodge. Que ce soit au poste de frontière ou l’on doit s’acquitter de quelques Dollars de plus pour obtenir son Visa ou son tampon, lors de contrôles policiers qui visent exclusivement les « blancs » afin de leur mettre de mineurs contraventions (pas de permis internationale : 2$). Il existe d’autres situations plus ou moins légales ou des employés gouvernementaux essaient de vous soutirer un ou deux Dollars de plus. On reste courtois, on sourit, on reste ferme et on essaie de pas payer.

Encore un point, l’éducation. Le système éducatif est déplorable au Cambodge. D’ailleurs c’est étrange car il y a des écoles partout et en grands nombres. C’est simplement que toutes personnes qui savent ne serait ce que compter préfèrent faire autre chose car c’est mieux payé. Dans un pays ou le salaire mensuel pour un emploi de base est de 15$. Les instituteurs touchent 10$ par mois, vous comprenez maintenant le manque de vocation. Encore une fois les plus fortunés ont accès à l’éducation par l’intermédiaire d’écoles privées. Ou alors, les plus motivés apprennent par eux-même grâce aux livres ou aux bonnes volontés des étrangers (associations ou initiatives individuelles).

Et enfin, bien que l’agriculture soit le premier secteur économique du pays. De nombreux champs sont impraticables en raison de la présence de mines et ce aux quatre coins du pays. Dans toutes les villes que j’ai pu visiter, j’ai vu les conséquences de ces mines sur la population et c’est pas toujours jolie à voir …

… beaucoup de Français.

J’avais déjà peut-être fait la remarque quand j’arpentais le Laos, mais le Cambodge est réellement envahis de français et spécialement Sihanoukville. Des touristes, des expat’ et ceux qui viennent passer pas loin de 6 mois par an ici, il y a vraiment un peu de tout. C’est vrai un peu partout mais surtout à Sihanouk, si vous accostez un « blanc » dans la rue, il y a vraiment de fortes chances pour qu’il soit français.

Mais pourquoi donc ? J’ai beau me retourner l’esprit à la recherche d’une réponse mais, je ne voie rien de particuliers. C’est peut-être la clef, il n’y a rien de particuliers, c’est juste une énième plage de sable blanc avec des cocotiers. Un peu coupé du monde, il y a de quoi subvenir à tout les besoins primordiaux pour pas trop chère et voilà. Ici, c’est les français et peut-être qu’un autre pays se sera les russes (qui parle du Vietnam ?).

Au final c’est bien de retrouver un peu de français, mais après quelques jours, il me rappelle tous (bon quand même pas tous mais une majorité) ce que je déteste dans notre psyché. Alors c’est avec autant de plaisir que je quitte ces francophones et continue mon aventure.

Conclusion

Le Cambodge est un pays émergeant qui a du potentiel si il s’affranchit des problèmes qui le brident à court terme. J’ai juste un peu peur qu’il tombe dans l’argent facile et devienne la nouvelle Thaïlande. Déjà, les plages se bétonnent et les resorts en tout genre sortent de terres comme des champignons après la pluie. J’espère que la corruption et le peuple Khmer vont réagir et ne pas se laisser corrompre par les masses qui délaissent Thaïlande et Vietnam car ça devient « has been ». L’avenir me le dira mais je serai déjà loin … peut-être.

A bientôt sur les routes du monde

Jérémy

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Article rédigé par Jérémy