Into the Wild Tasmania : Vers le bout du monde 2

Fév
2012
04

posted by on Evènements, Trek en Tasmanie

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C’est dans la pluie, la boue et les sangsues que je finissais mon 2e jour sur la piste de Port Davey / South Coast.  J’essaie de me raccrocher à ce que je peux et je rassemble ma motivation pour ne pas lâcher l’affaire. De toutes façons c’est trop tard pour renoncer, maintenant il faut avancer … Toujours avancer !

Retrouvez moi dans la deuxième partie de ce trek, au programme … Non, je vais pas vous gâcher le plaisir ! Sécher vos chaussettes (à répéter rapidement) et c’est reparti !

Etape 1: Premier jour sur l’Overland

Etape 2: Trek sur l’Overland Track Tasmanie

Etape 3 : Transition

Etape 4 : Doutes

Etape 5 : Découverte


2e étape : la découverte

Jour 3

Jour 3

Alors que j’ouvre les yeux, j’entends des gouttes tomber sur ma toile de tente, c’est pas bon signe ! J’ai vraiment pas envie de marcher une nouvelle journée sous la pluie. Surtout qu’au fur et à mesure que mon corps se réveille, je réalise que les efforts des jours précédents ont laissé leur marque dans mes mes muscles maintenant endoloris. J’ai à nouveau 10 ans et je veux pas sortir du lit pour aller à l’école. Enfin si je peux appeler ça un lit car, dormir sans matelas avec comme seule isolation ma veste, c’est, je peux vous le dire, pas génial.

Mais, c’est la vie ! Petit déjeuné du champion et je sors dans le froid et la pluie. Tiens, d’ailleurs, il ne pleut plus même si ça a été le cas quasi toute la nuit. Les bruits de goutte venaient de l’eau qui tombe des feuilles trempées. Voilà qui me motive un peu et, c’est avec un peu de joie au coeur que je retourne dans ma boue. Je commence à accepter ma condition et petit à petit, je commence à aimer la boue … ma boue ! Cette matinée de marche a un quelque chose de spécial. Outre le fait que je traverse un plateau au nom évocateur « Plateau du Monde Perdu », la pluie se fait plus fine et les averses plus éparses. J’ai même la chance de manger mon déjeuner sous le soleil. Le soleil qui chauffe, le soleil qui sèche, le soleil qui chasse les sombres pensées de mon coeur.

Le monde Perdu

Sans réellement m’en rendre compte, mes pas s’enchainent et j’ai la chance de jouir d’un paysage magnifique. Soudainement, je regarde le ciel pour découvrir quasi aucun nuages. Mon sac semble plus léger et le chemin plus agréable. Non qu’il le soit réellement car, je patauge toujours dans la boue et j’ai toujours une ou deux sangsues collées à mes mollets. Mais, je suis content d’être là à profiter et c’est ce qui fait toute la différence.

Quand finalement, après 7 heures de marche pour 14km, je sens la fatigue pointer le bout de son nez, j’arrive à ce qui doit être mon aire de camping. Cependant, une erreur sur la carte me fait chercher au mauvais endroit et me coûte un détour de plus d’un kilomètre, avec obligation de retourner en arrière. C’est pas gênant, mais sur cette fameuse section, il y a un obstacle de taille : une rivière à franchir. Et ce n’est pas la petite rivière habituelle, c’est une rivière digne de ce nom, avec du courant et profonde. On est censé la traversé en marchant sur un tronc d’arbre dont la partie centrale est immergée en s’aidant d’une corde. Ce qu’on ne sait pas c’est que la corde est rempli de fourmi qui vous attaque (littéralement) si vous posez vos mains à proximité. Encore un des plaisirs du parcours.

La fameuse traversée de rivière

Finalement, je monte ma tente sous le soleil. J’en profite pour laver et sécher mes affaires avant de profiter un peu plus du coin. J’aurai bien piqué une tête dans la rivière, mais elle ne m’inspire pas confiance, donc je me contente simplement de faire un brin de toilette. C’est « propre » et heureux que je m’endors en un éclair.

Jour 4

Jour 4

Ce matin, le soleil brille, les oiseaux chantent, et tout va bien dans le meilleur des mondes. Quatre jours que je suis coupé de la civilisation et je devrais commencer à devenir fou sous peu. Enfin quand j’y pense, je le suis déjà pas mal donc est ce que les lois usuelles s’appliquent ? Qu’importe ! Ma carte indique : 10 km tranquille à travers les collines. Je me dis chouette, une étape facile à profiter du soleil. Je ne pouvais pas savoir à quel point je me trompais !

La première heure consista à traverser ces mêmes plaines marécageuses qui sont maintenant une formalité pour moi. La ou ça se complique et là ou ma carte et moi avons pas la même définition c’est quand on attaque la partie des collines. Quand on dit « A travers », je ne comprends pas que ça implique monter au sommet de chacune avant de redescendre de l’autre coté. Certes, les paysages sont grandissimes et fabuleux et chaque collines m’offre une vue plus complète sur « Port Davey » qui je dois avouer, sous le soleil est à couper le souffle. Mais après 10 collines, il n’y a pas que la vue qui coupe le souffle !

Première aperçu de Port Davey

Alors, quand après avoir passé un col, j’aperçois mon objectif final à la fin d’une longue descente, je suis aux anges : Plus de collines !! Mais voilà, je vais de Charybde en Scylla, après les collines c’est le vent. Un bon vent de face comme, seul le bout du monde est capable d’en offrir. Mais bon, il ne pleut pas et pas même la plus puissante des bourrasques ne peut ébranler mon moral.

Finalement, j’arrive à 200m de mon campement. Je peux le voir et la seule chose qui me sépare de lui c’est une bande d’eau de 200m. Oui, la mer. Je fixe mes yeux sur mon objectif, ressert les bretelles de mon sac et me jette à l’eau … Non, je vais pas nager ! Je dois ramer dans un petit bateau pour traverser ce houleux passage. J’ai jamais ramé de ma vie mais ça doit pas être sorcier. Bon, c’est pas aussi évident que je ne le pensais mais même si je zig zag pas mal, j’arrive à bon port sans encombre. Je pourrais maintenant monter ma tente et tout, mais je dois retrourner d’ou je viens. Non, je n’ai rien oublié, mais je dois laisser un bateau sur chaque berge. Donc je dois retrourner là-bas en tractant un 2e bateau dérrière moi avant de refaire une troisième traversé pour rejoindre mes affaires. Autant vous dire qu’à la fin j’étais un pro de la rame !

Il était un petit navire ...

Le soleil continue de briller et je profite des derniers rayons pour contempler le paysage dans lequel je suis. C’est vraiment impressionnant. Pas une marque de civilisation (mis à part les bateaux) et la simple beauté de la nature sauvage. C’est du soleil plein le yeux et des rêves pleins la tête que ce soir là, je quitte le monde des mortels.

Jour 5

Jour 5

Bien que les nuages se font de plus en plus présent, il fait toujours beau dans cette partie de la Tasmanie. Aujourd’hui c’est la fin de la Port Davey Track, 12km jusqu’à Melalleucca. Je marche d’un bon pas dans les flaques de boues jusqu’au sommet de la colline la plus proche. Et avant de continuer, je me retourne et contemple une dernière fois ce paysage féérique pour l’imprimer à jamais dans ma mémoire. Puis, sans regret, je me remet en route vers l’avenir.

Tout s’enchaine ensuite tranquillement, je patauge dans la boue, manque d’écraser des serpents venimeux et m’abreuve dans les cours d’eau qui traverse ma route. Les nuages en un clin d’œil ont envahis le ciel et ciel et sont de plus en plus menaçant. Je continue de marcher espérant que j’atteigne le poste de Melalleucca avant la pluie. Coup du destin, j’arrive à l’exacte moment ou le ciel décide de s’effondrer. Je rentre dans la hutte et je sais que ce soir je vais passer une bonne nuit au chaud sur un matelas !

Oulà, je vous voie vous indigner. Je sais que c’est censé être au milieu de nulle part et loin de la civilisation, mais laissé moi vous toucher deux mots à propos de Melalleucca avant tout. Melalleucca, c’est avant tout une famille, les King qui sont venu s’installer là, au milieu de nulle part pour miner de l’étain. Durant des décénnies, ils ont fait leur bizness en paix, puis les cours s »effondre et miner là n’est plus rentable. Cependant, les naturalistes découvrent que la zone est l’une des dernières zones de reproduction d’une espèce très rare de perroquet « Orange belly perrot » traduit par le perroquet ventre orange. Et ainsi, Melalleucca et devenu le rendez vous des passionnés d’ornithologie. On y a construit 2 huttes et une piste pour avion léger. Ainsi, le peut y venir depuis Hobart sans se fatiguer. Ainsi beaucoup de personnes s’en servent de base de départ pour la South Coast Track.

Quand j’y suis arrivé, tout était vide. Le ranger de garde était parti compter les perroquets et j’étais donc seul dans les locaux. Seul pas tout à fait car j’ai fait la rencontre la plus fascinante de tout mon trip. Alors je déballais mes affaires, j’aperçois emmitouflé dans un chiffon et me regardant avec ses grands yeux un opossum pygmée. C’est certainement la chose la plus mignonne que j’ai jamais vu, d’autant plus que j’ai été un peu pris par surprise !

CUUUTTTTTEEEEE !!!!!!!!!!!!!

Et c’est ainsi, que j’achève la Port Davey track comme je l’ai commencé, sous la pluie. Sauf qu’aujourd’hui, j’ai un toit au dessus de ma tête et une hutte pour moi tout seul. Dehors, de nouvelles aventures m’attendent sur la South Coast Track, mais je vous raconterai ça bientôt dans la 3e et dernière partie de cette aventure en Tasmanie !

A bientôt sur les routes du monde

Jérémy

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  1. Samantha

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Article rédigé par Jérémy